Des infrastructures partagées pour des applications partagées

Dans un article publié sur GigaOM, Greg Olsen (fondateur de coghead.com) pose une question intéressante : les fournisseurs d’applications hébergées (comme Salesforce.com par exemple) peuvent-ils survivre en bâtissant eux-mêmes leur infrastructure ?

Photo Ronnie Garcia (http://www.flickr.com/photos/ronniegarcia/)

Photo Ronnie Garcia

Traditionnellement, quand un acteur internet important met à disposition d’un large public une application web, il s’applique à créer de toute pièces une infrastructure informatique pour accueillir cette dernière : serveurs, baies de stockage, pare-feux, routeur et switchs, etc… Tout cela pour garantir la disponibilité et la tenue en charge de son application.

Aujourd’hui, des acteurs comme Amazon, avec ses services EC2 et S3, proposent d’appliquer à l’infrastructure les mêmes recettes que celles qui fondent le modèle économique des offreurs d’applications hébergées : un concept “à la demande”.

J’avais déjà parlé de l’initiative de Gandi proposant un hébergement à puissance variable. Ce type d’hébergement est une véritable opportunité pour les nouveaux entrants dans le “Web 2.0″. Ceux-ci, à l’instar de 37signals, créent de petites applications, légères et concentrées sur un spectre fonctionnel réduit ; leurs moyens sont souvent limités, bien loin du faste des années de la bulle ; leur personnel se résume souvent à une ou deux personnes. Bref, ils n’ont peuvent pas disperser leur énergie en bâtissant de toute pièce un datacenter pour leur application !

Les fournisseurs d’infrastructures partagées ont une réponse séduisante à ces nouveaux entrepreneurs : des offres à la demande, dont les tarifs suivent la charge des applications de leurs clients (et probablement de leurs revenus - à condition d’avoir un modèle économique viable ;-), sur une infrastructure de base dont ils ne pourraient même pas rêver s’ils devaient la mettre en oeuvre par eux-même.

Bien sûr toute médaille à son revers.

Le 15 février dernier, le service S3 d’Amazon est tout simplement tombé en panne pendant 4 longues heures ; L’ensemble des services qui reposaient sur les capacités de stockage en ligne d’Amazon ont connu des déboires plus ou moins important : images ou icônes qui n’apparaissaient plus sur les pages, jusqu’à l’interruption de certains services.

Evidemment, cela fait un peu tâche dans le paysage de l’infrastructure à la demande. Mais comme s’interroge un éditorialiste, les compagnies d’électricité ont aussi leurs pannes, ce n’est pas pour ça qu’on va construire des centrales dans chaque entreprise !

Ajouter un commentaire 22 février 2008

Gandi Hosting, une offre d’hébergement originale

Vous connaissez peut-être Gandi, l’une des nombreuses sociétés proposant l’enregistrement des noms de domaines. En son temps, Gandi avait révolutionné le petit monde des “registrars” en proposant des noms de domaines à des tarifs bien plus bas que la concurrence. Un de ses fondateurs, Laurent Chemla, avait fait sensation en publiant dans le Monde un article intitulé “Confessions d’un voleur” : il y dénonçait les tarifs pratiqués pour vendre “du vent”, c’est à dire l’insertion dans une base de données d’un nouveau nom de domaine. Depuis, beaucoup d’eau a passé sous les ponts, et on trouve des noms de domaines quasi gratuits associés à des offres d’hébergement.

Quel rapport avec une offre d’hébergement ? Aucune, si ce n’est remettre cette entreprise citoyenne dans son contexte, même si depuis lors les dirigeants historiques ont fait place à une nouvelle équipe.

L’offre d’hébergement de Gandi

Depuis ce début d’année, Gandi ajoute à ses produits une offre d’hébergement basée sur la technologie de visrtualisation Xen ; pour faire court, vous n’avez pas accès à une machine physique pour vous tout seul, mais à une “tranche” (ou part dans la novlangue gandienne). Chaque tranche se voit associé des caractéristiques suivantes :

  • Processeur : 1/64ème d’un quadri Dual Core AMD
  • Mémoire : 256 Mo garantis + 512 Mo de Swap
  • Type de disque : RAID6
  • Bande passante : 1/64ème des capacités (soit env. 500Go de transfert mensuel)
  • Trafic inclus : illimité
  • Disque dur : 5 Go
  • Adresse IP : incluse

En agrégeant plusieurs tranches sur un même serveur, on va en augmenter la puissance, la mémoire vive, etc. Ce type d’offre me parait particulièrement intéressant pour des entreprises qui veulent pouvoir réagir dynamiquement à la fréquentation de leur site. Pourquoi immobiliser le prix de n serveurs et de leur infrastructure pour héberger un site ou une application qui va doucement monter en charge ?

Amazon, avec ses services Elastic Compute Cloud (EC2) et Simple Storage Service (S3) propose également la virtualisation des serveurs et l’accès simplifié (par service web) à des ressources de stockage partagées.

De ce que j’en ai vu, l’interface et la mise en oeuvre en sont moins facile que sur Gandi, qui a développé une interface permettant de d’acheter des tranches, d’affecter les serveurs et disques, sous trois modes :

  • Un mode expert où vous choisirez votre distribution
  • Deux modes assistés où vous construisez dans votre serveur à partir de briques pré-paramétrées (serveur web, serveur mail, serveur ftp, etc…)

Encore en version Beta, le service coûte 6 euros HT par tranche, ce qui n’est pas cher. Reste à voir quels seront les tarifs pratiqués lors du passage en production.

Ajouter un commentaire 10 janvier 2008